Les « Montagne Sainte-Victoire » du plateau de Valcros et les collines de l’est d’Aix-en-Provence – VI (FWN126-R397)

Les « Montagne Sainte-Victoire » du plateau de Valcros et les collines de l’est d’Aix-en-Provence – VI  (FWN126-R397)

François Chédeville

Les « Montagne Sainte-Victoire » du plateau de Valcros et les collines de l’est d’Aix-en-Provence – VI  (FWN126-R397)

(Cliquer sur les images pour les voir en vraie grandeur)

Localisation de Vers la Montagne Sainte-Victoire FWN126-R397

La verticale du point P a maintenant franchi le bas des Lames Rousses, ce qui confirme une nouvelle fois le déplacement du lieu de Cézanne vers le nord de FWN348-R901 . Par ailleurs, l’axe du tableau passe maintenant au milieu du col situé entre l’oppidum d’Untinos et le Cengle, parce que le peintre prend en compte un panorama beaucoup plus large que dans les trois tableaux précédents :

Fig. 60. R397 Vers la montagne Sainte-Victoire 78-79

Fig. 60. FWN126-R397 Vers la montagne Sainte-Victoire 78-79

La zone de recherche est donc une fois de plus réduite :

Fig. 61. R397 Zone de recherche

Fig. 61. FWN126-R397 Zone de recherche

Fig. 62. R397 Report de la zone de recherche en 3D

Fig. 62. FWN126-R397 Report de la zone de recherche en 3D

La comparaison entre cette reconstitution 3D et le tableau met en évidence diverses correspondances correctes :

–       le profil des collines sous la Sainte-Victoire et le Cengle ;
–       le bord du plateau (ligne verte) arrêté par une petite colline (celle où aujourd’hui on trouve l’école de chiens-guides d’aveugles) ;
–       un paysage en terrasses (B, C, D) à partir d’un creux (A) situé à gauche du chemin de Valcros, qu’on peut retrouver simplifié sur FWN126-R397. Mais l’interprétation exacte des terrasses demeure problématique :

Fig. 63 R397 Correspondance avec la reconstitution 3D

Fig. 63 FWN126-R397 Correspondance avec la reconstitution 3D

La topographie du tableau correspond bien à celle de la reconstitution 3d, mais pour conclure, il faut maintenant nous appuyer sur les diverses constructions présentes sur le tableau.

Malheureusement, il n’y a pas moyen de trouver une configuration des constructions correspondante dans la réalité du temps de Cézanne (et reconstituée à partir du cadastre napoléonien et de sa persistance pratiquement inchangée jusqu’aux premières photos aériennes des années 1940).

Commençons par situer toutes les constructions présentes dans la réalité Cézanienne :

Fig. 64. R397 Les différentes constructions du plateau visibles de la zone de recherche

Fig. 64. FWN126-R397 Les différentes constructions du plateau visibles de la zone de recherche

Comparons avec les constructions présentes sur le tableau :

Fig. 65. R398 Les constructions

Fig. 65. FWN126-R397 Les constructions

Les incohérences sont inévitables :

–       Si A est la bastide Isnard (ce qui est assez peu acceptable car elle se situait assez loin à gauche du champ du tableau), alors B est la bastide Magne , avec B1 et B2 Lou Deven, Barberoux ou Boyer au choix, et C1 soit La Générale, soit la maison 1270 (n° de parcelle du cadastre napoléonien). Mais dans ce cas, C et D sont des maisons rajoutées, car elles n’existent pas (sauf à supposer que ces bâtiments sont apparus après 1830 et ont été détruits avant 1940, ce qui est difficile à admettre vu qu’il n’en reste aucune trace) ;

–       si A est la bastide Magne (ce qui pourrait convenir car celle-ci est constituée de plusieurs corps de bâtiments), Cézanne a rajouté B et C qui n’existent pas (même remarque que précédemment)

–       si D est l’ancienne chapelle (en supposant Cézanne situé en haut de la parcelle D de la Fig. 62), C est une maison rajoutée.

Il y a là de l’inexplicable quand on sait à quel point, dans toutes nos études, on a pu s’appuyer sur le sens de l’exactitude minutieuse de Cézanne rendant son motif. Il faut en conclure :

–       soit que la toile n’est pas de Cézanne…

–       soit qu’il a, pour une fois, fort mal placé le point P, ce qui est tout de même peu vraisemblable vu que le schéma de collines, quoique traité avec un certain flou, correspond tout de même à la réalité. Dans ce cas, la zone de recherche ne serait plus placée au bon endroit, mais ailleurs sur Valcros. La difficulté est que nulle part ailleurs on ne retrouve le schéma topographique de ce tableau, avec le creux A en bas d’une route dominée par un étagement en terrasses faisant peu ou prou face à la Sainte-Victoire. De même, je n’ai pu déterminer ailleurs sur le plateau un schéma de répartition des constructions cohérent avec celui du tableau ;

–       soit que, si l’on prolonge la zone de recherche hors du plateau dans la vallée de l’Arc en direction de Bibémus, Cézanne n’était pas sur le plateau de Valcros mais plus près de l’arrière-plan de collines. Piste difficile à explorer avec les outils de reconstitution 3D car cette zone est entièrement urbanisée, ce qui rend les reliefs difficilement discernables, en tout cas non explorée ici.

–       soit que, pour une fois, Cézanne a « inventé » des éléments du paysage en rajoutant des constructions, vraisemblablement dans un but d’équilibre global du tableau. Solution nullement satisfaisante pour l’esprit, car tellement contraire à sa pratique habituelle qu’on répugne à l’envisager…

Faute de certitude, je m’en tiendrai cependant à cette dernière hypothèse en attendant mieux, car c’est la seule qui est cohérente avec les caractéristiques de la série que nous avons mise en évidence au chapitre II.

Positionnement de l’ensemble des toiles de Valcros

La méthode utilisée dans cette étude repose sur la confiance en la rigueur de Cézanne dans le rendu des motifs qu’il choisit de peindre. L’analyse de l’arrière-fond des collines faite ici en fournit, de notre point de vue, une démonstration éclatante. Surtout, elle fonde et justifie la notion de série que nous avons développée au chapitre II, et dont la fécondité a été démontrée par sa capacité à permettre une identification précise des lieux où se tenait Cézanne pour peindre trois des quatre toiles dont la localisation restait problématique. La question demeure seulement ouverte pour R397, unique exception apparente à cette exactitude dans l’observation qui caractérise notre peintre.

En résumé, les deux figures qui suivent mettent en évidence sur une carte IGN et une reconstitution 3D l’ensemble des toiles que nous avons étudiées en illustrant le déplacement (fictif) de Cézanne vers le nord du plateau :

Fig. 66. Positionnement des Siante-Victoire de Valcros sur carte IGN

Fig. 66. Positionnement des Sainte-Victoire de Valcros sur carte IGN

Fig. 67 Positionnement des Sainte-Victoire de Valcros sur reconstitution 3D (logiciel Plan)

Fig. 67 Positionnement des Sainte-Victoire de Valcros sur reconstitution 3D (logiciel Plan)

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