6 octobre

Paul Cezanne est inscrit au collège d’Aix pour l’année scolaire 1857-1858, en rhétorique lettres, en qualité d’externe. Émile Zola est inscrit le même jour, en 2e sciences, en qualité d’externe. Baptistin Baille est inscrit le 9 octobre, en rhétorique sciences, comme pensionnaire. Zola quittera le collège le 22 février 1858, pour aller à Paris. Ils sont donc tous les trois dans des classes différentes. Paul Alexis est inscrit en 7e.

Registre d’inscription au collège d’Aix, année scolaire 1856-1857 ; Archives départementales des Bouches-du-Rhône, centre d’Aix-en-Provence, fonds du lycée Mignet, 1T 1450 ; reproduit par Lioult Jean-Luc, Monsieur Paul Cezanne, rentier, artiste peintre. Un créateur au prisme des archives, Marseille, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Images en Manœuvres éditions, 2006, 299 pages, p. 54-55 :

Pensionnaires.

NomsPrénomsDate et lieu de naissanceAntécédentsClasse actuelleTrous-seauEntrée

5 octobre

SortieCorrespondantsAdresse des parents
1BailleBaptistinAix, 26 mars 1841Ancien. Boursierrhétorique sciences687 oct.son pèreCours Sextius, n° 64

Externes.

NomsPrénomsDate et lieu de naissanceAntécédentsClasse actuelleEntréeSortiePayantsAdresse des parents
1AlexisPaulAix, 10 juin 1847Pt séminaire d’Aix7e6 octobre1Place des Prêcheurs n° 3
22CezannePaulAix, 19 janvier 1839ancien.Rhétor. lettres6.1Rue Matheron n° 14
106ZolaEmileParis, 2 avril 1840ancien.2e sciences6.22 février est allé à Paris1Rue Mazarine n° 2

Vers octobre

Cezanne s’inscrit à l’École gratuite de dessin d’Aix, installée au prieuré de Malte, où se trouve aussi le musée qui en dépend. Joseph Marc Gibert (Aix, 3 février 1806 – Aix, 31 décembre 1884), le directeur de l’École, qui est aussi conservateur du musée depuis 1854, devient son professeur de 1858 à 1861. Cezanne suit les cours de modèle vivant et les cours de dessin d’après l’antique, où les modèles sont des plâtres et des marbres conservés au musée.

Coquiot Gustave, Paul Cezanne, Paris, Librairie Paul Ollendorff, 1919, 253 pages, p. 22 :

« Le premier professeur de Cezanne à cette école fut Joseph Gibert, mort en 1891 [1884]. Il enseignait le modelage et le dessin d’après le modèle vivant. Un nommé Meissonier y posait souvent. Je possède une académie estompée par Paul Cezanne d’après ce modèle. »

Gasquet Joachim, Cezanne, Paris, Les Éditions Bernheim-Jeune, 1926 (1re édition 1921), 213 pages de texte, 200 planches, p. 33-34 :

« Il essaya d’un maître. Non. D’un professeur. Un ami de son père, un brave homme de peintre, un nommé Gilbert, qui léchait le morceau et, lui, par exemple, faisait tout ce qu’il voulait de ses doigts. Il pouvait tout exprimer, avait une manière, des recettes pour tout. Mais voilà, le malheur était qu’il n’avait rien à dire. Un de ces petits grands hommes de sous-préfecture qui jugent sans appel de tout ce qu’ils ignorent, un de ceux qui, à Aix, aux « Amis des Arts » ou autour d’un bock, au café Raphaël, osent encore déclarer : « Delacroix ?… Un verre d’eau sale ». Cezanne, un soir, devant moi, entendit ce propos. Je vois encore sa fureur rentrée, ses yeux brusquement injectés de sang et le geste hagard avec lequel il prit son chapeau pour sortir.

Son professeur mit l’emballé à l’académie, lui fit copier des plâtres, l’initia progressivement à tous les secrets tripotages de sa petite cuisine. Tout n’alla que plus mal. Cezanne avait déjà suivi les cours de l’école des beaux-arts, avait même obtenu un second prix de dessin, en concurrence avec son camarade Villevieille, qu’il devait l’an d’après retrouver à Paris. Mais, pas plus que son prix, Gilbert ne lui servait de rien. Ce n’est pas qu’il méprisât le travail, dédaignât, comme on l’a sottement prétendu, l’étude et le dessin. Jusqu’à son dernier jour, chaque matin, comme un prêtre lit son bréviaire, il dessina, peignit, une heure durant, sous toutes ses faces, l’écorché de Michel-Ange, et je me souviens avec quel respect il évoquait souvent l’image du père Ingres allant au Louvre, sous son parapluie, à soixante ans passés, et disant : « Je vais apprendre à dessiner… »

Mais les professeurs n’enseignent que ce qu’ils savent, et ils ne savent rien. Des trucs, des procédés, l’art n’a que faire avec ça, les vrais maîtres n’en ont pas. Cezanne, et c’est un des malheurs du temps, n’a pas eu de maître. Il s’est cherché tout seul. Il y a perdu sa vie. Toutes ces leçons vécues, corporatives, cette tradition qui jusqu’à David passa d’un atelier à l’autre depuis Sienne et Florence, depuis les Vénitiens, il dut la retrouver tout seul. Il s’y martyrisa.

« ― Et dire, me disait-il un jour, que toute cette expérience est vaine… Je meurs sans élèves… Je touche au but, j’ai rattrapé le grand courant… Personne là, pour me continuer. Ah ! moi, moi, si j’avais eu un maître ! On ne saura jamais ce que Manet doit à Couture… »

Son pédagogue à lui, au lieu de l’envoyer à Paris, de le pousser au Louvre, et, « ignorant comme un maître d’école », de respecter au moins toute l’éclosion de ses dons, le retenait à Aix, et, sincèrement, le jugeait un peu fou. Il en causait avec le père.

« ― La peinture est un art d’agrément, que diable !… Votre fils a un joli brin de crayon, ça le délassera, car il a un bel avenir devant lui, s’il pioche bien son droit et dirige un jour, en bon avoué, en avocat qui sait, la banque du papa, hé ! hé !… »

Rewald John, Cezanne, Paris, Flammarion, 2011, 1re édition 1986, 285 pages, p. 22 :

« En attendant, il s’était inscrit à l’École spéciale et gratuite de dessin d’Aix pour l’année scolaire comprise entre novembre 1858 et août 1859 [et 1857 ?]. Il renouvela son inscription en novembre 1859 et 1860, de sorte qu’il travailla d’après les plâtres ou d’après le modèle vivant de 1858 à 1861. À l’école de dessin, il rencontra Achille Emperaire [inexact, selon Bruno Ely], Numa Coste, Jean-Baptiste Chaillan, Joseph Huot, Honoré Gibert (le fils du professeur de dessin et conservateur du musée) [qui succédera à son père Joseph Gibert en 1870], Joseph Villevieille, Auguste Truphème, Philippe Solari et beaucoup d’autres [par exemple Henri Pontier, Barthélémy Niollon].

Les classes de dessin d’après le modèle vivant avaient lieu les lundis, mardis, mercredis et vendredis, de six à huit heures du matin en été et de sept à neuf heures du soir en hiver. Durant les mois d’hiver, la salle était éclairée par des lampes à gaz et chauffée par un poêle auprès duquel se blottissait le modèle grelottant. Ledit modèle était payé un franc par séance en 1859. À côté du dessin d’académies, les élèves effectuaient différents exercices. Ils peignaient à l’huile des têtes de modèles vivants grandeur nature, dessinaient minutieusement des moulures et ornements en plâtre, copiaient fidèlement des chromos suaves, etc. Cezanne obtint sa seule récompense en 1859 : un deuxième prix pour les études de figures peintes, le premier prix allant à Eugène Grange, qui n’a pas laissé d’autre trace dans l’histoire de l’art. Une mention honorable fut attribuée à Jean-Baptiste Chaillan, un condisciple un peu plus âgé en qui Cezanne appréciait une certaine veine poétique, tandis que Zola avait une piètre opinion de ses talents comme de sa personnalité.

En 1859, Chaillan était manifestement le meilleur élément de l’école municipale de dessin. Outre sa mention honorable, il remporta un premier prix pour des études de figures d’après l’antique (entendez d’après des moulages en plâtre). La façon dont le jury décernait les prix reste un mystère, car les travaux d’élèves qui sont parvenus jusqu’à nous se caractérisent par une uniformité affligeante et par l’absence de la moindre hardiesse. N’était l’obligation pour leurs auteurs de signer ces travaux, rien ne permettrait de distinguer les études insipides de Cezanne de celles de ses camarades, d’autant qu’elles représentent toutes les mêmes modèles dans les mêmes poses figées. De toute évidence, leur professeur Joseph Gibert (1806-1884) ne leur enseignait que les procédés de répartition des ombres et des lumières, et de l’exécution léchée, c’est-à-dire tout ce qu’il savait faire lui-même.

On ignore si les élèves, qui se connaissaient depuis l’enfance pour la plupart, avaient quelques moments de plaisir durant ces classes fastidieuses. Toujours est-il que l’école fut secouée, en 1868, plusieurs années après le départ de Cezanne, par une agitation que le vieux Gibert réprima avec l’énergie même qui faisait défaut à sa production artistique1.

1 Au sujet de l’École municipale gratuite de dessin, cf. Bruno Ely, « Cezanne, l’école de dessin et le musée d’Aix », dans Cezanne au musée d’Aix (sous la direction de D. Coutagne), Aix-en-Provence, 1984. »

Ely Bruno, « Cezanne, l’école de dessin et le musée d’Aix », Cezanne au musée d’Aix (sous la direction de Denis Coutagne), Aix-en-Provence, musée Granet, 1984, 254 pages, article p. 137-206, extraits p. 151-165 :

« Achille Emperaire (Aix 1829-1898) […], quoique Aixois et élève de l’École de dessin d’Aix, ne fit la connaissance de Cezanne de dix ans son cadet qu’à Paris à l’Académie Suisse […].

De quelques années plus âgé que Cezanne, Truphème [Auguste Truphème, Aix, 23 janvier 1836 – Paris, 11 juin 1898] fut à Paris en 1861 en même temps que lui grâce à la pension de 800 francs accordée par la ville d’Aix et obtenue cette même année. Il avait suivi les cours de l’École de 1849 à 1856, puis de nouveau en 1861 en même temps que lui grâce à la pension de 800 francs accordée par la ville d’Aix et obtenue cette même année. […]

Au concours de 1859, c’est Chaillan Jean-Baptiste qui reçut le premier prix de l’étude de la figure d’après l’antique avec un « buste d’Ajax » et fut récompensé par l’ouvrage « le livre des types gothiques ». Exemple même de l’élève assidu, il remporta, toujours la même année le premier prix de l’ornement dessiné d’après le plâtre ainsi que le premier prix d’ornement copié et enfin le troisième prix de peinture de la seconde division derrière Cezanne. […]

Au concours de 1859, Numa Coste, autre ami de Cezanne, remporta le deuxième prix [d’étude de l’ornement dessiné d’après le plâtre] devant [derrière, en fait] l’omniprésent Chaillan que décidément le travail d’école et de copiste favorisait. […]

Villevieille tint un cours de dessin privé avant de devenir professeur de l’École de dessin d’Aix dont il était déjà membre de la commission de surveillance. […]

Victor Combes en 1885 et Joseph Huot en 1857 obtinrent tous deux un prix pour une copie d’après Ange Tissier dont l’art devait décidément séduire les organisateurs du concours. […] Ce Victor-François Combes (Aix 1837-1876) avait suivi les cours de l’école de 1847 à 1856 et avait concouru sans succès pour l’obtention de la pension de la ville en 1855 et 1861. […]

Jean-Baptiste Henri Joseph Huot (Aix 1840 – Marseille 1898), fils d’un graveur en camées devenu architecte de la ville d’Aix, est élève de l’École de Dessin de 1857 à 1861 exactement en même temps que Cezanne. […]

Penot Charles et Aimable Lombard, deux lauréats du concours de 1861 avec deux études de têtes fréquentèrent aussi Cezanne. […]

Jean-Baptiste Aimable Lombard né en 1840 inscrit à l’École de Dessin en 1859 et 1861 rejoignit lui aussi Paris […].

Tout au long de l’année, les cours du modèle vivant avaient lieu les lundis, mardis, mercredis et vendredis à raison de deux heures par jour. En été, c’était le matin de 6 heures à 8 heures et l’hiver, le soir de 19 heures à 21 heures.

Les salles de classe, pour les cours du soir étaient éclairées au moyen de becs de gaz que chaque soir allumaient par avance les gardiens, ils étaient laissés en veilleuse jusqu’à l’arrivée des élèves. Parfois, quelques lampes à l’huile venaient encore améliorer l’éclairage. De jour, des stores de calicots dosaient la lumière. Les salles étaient encombrées de tréteaux, de tabourets. De vieilles gravures, esquisses, papier tue-mouche, un essuie-main couvraient les murs ; sur les étagères, des crânes, des plâtres. Les classes étaient surveillées par les professeurs et le gardien de service « coiffé de la casquette réglementaire » qui assistait obligatoirement aux cours.

L’hiver, des poêles à pieds, que le gardien allumait vingt minutes avant l’ouverture des cours et approvisionnait de charbon de houille de Trets assuraient le chauffage. Trois panneaux de lambris garantissaient du poêle, la personne qui posait pour le modèle vivant. Exclusivement masculins, ces modèles, gardien de barrage, journalier, maçon, ouvrier chapelier, posaient en 1859 à raison de 1 franc la séance. […]

En effet Cezanne, élève de 1858 [ou 1857 ?] à 1859, parti à Paris en 1861 mais revenu cette même année, s’était réinscrit aux cours jusqu’en 1862. L’académie d’homme nu [C ] du Musée Granet est d’ailleurs datée de 1862. […]

Cezanne avait dédicacé à Numa Coste un poème de jeunesse sur leurs promenades aixoises et avait signé en 1863 : « Je te serre la main ton ami et confrère en peinture. » […]

Quant à Jules Gibert et Justin Gabet qui illustrent aussi cette classe de modèle vivant, un peu plus jeunes que Cezanne ils entretinrent avec lui d’excellentes relations.

Justin Gabet, menuisier ébéniste d’art aura son atelier tout près de la rue Boulegon où habitera Cezanne à la fin de sa vie.

Il n’était pourtant pas si loin, en 1861, le temps où les modèles n’étaient que masculins, où le règlement de l’École devait être appliqué sous les yeux du gardien qui, « en vue d’assurer vis-à-vis des élèves l’autorité de ses observations » devait éviter « les expressions familières et les conversations superflues », veillait à l’application du règlement de l’École. Il ne devait permettre « de quitter la classe que pour se rendre à la boutique, l’accès des latrines est interdit en principe » ! La « boutique » était tenue par le concierge de l’École qui était autorisé à vendre les « fournitures renouvelables » à l’usage des élèves à condition que « MM. les professeurs approuvent les qualités et que les prix ne soient pas supérieurs à ceux adoptés par les marchands de la ville. Ces fournitures comprennent le papier, les crayons de tous genres, la gomme à effacer, l’encre de chine, les tubes de couleur, les canifs, les porte-crayons, etc. »55

Tandis que les gardiens pouvaient vendre les fournitures « non renouvelables » telles que cartons, planches et boîtes à dessin, compas, règle. Les séances qui commençaient par l’appel se terminaient par deux coups de cloche du gardien, sur l’ordre du professeur. […]

Marius-Honoré-Louis Gibert, inscrit sur les registres de l’École depuis 1849, obtint une pension de 400 francs à Paris accordée pour quatre ans par la ville d’Aix. […]

Le personnage devait être à l’image de son tableau, lui qui estimait que les élèves de l’École « n’avaient pas droit à son salut »58

Conservateur adjoint du Musée d’Aix à partir de 1862, Honoré Gibert rédigera les deux premiers catalogues du Musée (en 1862 et 1867). Remplaçant son père en 1870, il publiera en 1882 « Le Musée d’Aix, première partie contenant les monuments archéologiques, les sculptures et les objets de curiosité ». […] Conservateur de 1870 à 1891, il faut saluer son œuvre d’historien d’art et reconnaître au sein de ses catalogues une grande intuition et érudition à une époque où les références, bibliographies, moyens de communications, de reproductions étaient loin d’être satisfaisants. […]

Traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône

L’enseignement pratique se complétait à l’École par quelques notions théoriques de géométrie plane ou dans l’espace, à partir de démonstrations au tableau noir ou de grands modèles muraux. L’étude des modèles à trois dimensions et plus particulièrement des « solides géométriques en fil de fer ou en zinc, de la collection officielle, savoir : 1 cube, 2 prismes, 3 cylindres, 4 pyramides, cônes, 6 tronc de cônes »59 permet un curieux jeu de va-et-vient avec la célèbre phrase de Cezanne à Émile Bernard en 1904. « Traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective, soit que chaque côté d’un objet, d’un plan, se dirige vers un point central. » 60

Le programme des études en question ajoutait : « Ces solides, placés dans des positions simples, sont ensuite amenés à occuper des positions quelconques… Afin de rendre l’enseignement moins aride, le professeur doit par exemple, après la représentation du cube, aborder celle d’une caisse à/leurs ou d’un objet analogue ; après le tronc de cône, faire dessiner un seau de bois. » 59[…]

Donner une instruction théorique très utile à la classe ouvrière

En se conformant au programme du concours, on peut constater que l’École de dessin d’Aix ne formait pas seulement des artistes, l’accent était aussi mis sur la formation des artisans et des ouvriers ; « Une question plus importante rentre dans leurs attributions [celles des professeurs], c’est celle de l’enseignement du dessin tel qu’il est nécessaire aux ouvriers, qui forme leur habileté et leur goût et leur assure des succès en même temps qu’il contribue au perfectionnement de l’industrie. » 61 Le maire d’Aix dans un rapport sur l’organisation de l’École communale gratuite de dessin au préfet écrira : « J’ai en vue d’assurer l’avenir d’un établissement destiné à favoriser la culture des Beaux-Arts et à donner une instruction théorique très utile à la classe ouvrière. » 62[…]

Sans compter que le jeune Cezanne copia trois œuvres du Musée.

Il s’agit du « Prisonnier de Chillon » de Dubufe [R 13] et du « Baiser de la Muse » de Frillié [R 9][…]

« Le baiser de la Muse »

Un autre envoi de l’État, don de l’Empereur, le « Baiser de la Muse », illustrant la double préoccupation de Cezanne et Zola à l’époque, la Poésie et la Femme, fut aussi copié. René Huyghe, dans son ouvrage sur le peintre, date la copie vers 1856. Plus précisément, la copie ne put être réalisée avant 1857 date à laquelle le tableau entrait au Musée d’Aix.

La médiocrité du tableau qui échappa au jeune Cezanne sous le couvert de l’intérêt allégorique et littéraire n’échappa point aux membres de la Commission de surveillance de l’École et du musée d’Aix qui déclarent : « le bureau a exprimé à cette occasion les vifs regrets de ne recevoir depuis quelque temps des mains du gouvernement que des œuvres bien médiocres. »70

« Pêches dans un plat »71

Plus en rapport avec son œuvre future, Cezanne vers 1860-64 copia une nature morte du Musée d’Aix : « Pêches sur un plat de Delft » [R 22].

55. Réglementation de l’École de dessin : extraits, manuscrit ; Archives du musée Granet, Aix.

58. Réclamation à la commission de l’école de dessin et du musée du 20 février 1868 ; Archives municipales, R 3. 11, Aix-en-Provence.

59. Règlement et programmes d’enseignement, École municipale de dessin ; Archives du musée Granet, Aix.

60. Lettre de Cezanne à Émile Bernard, 15 avril 1904.

61. Rapport de la Commission de surveillance de l’École de dessin à Monsieur le Maire d’Aix-en-Provence, le 5 juin 1859 ; Archives Municipales, R 3. 9, Aix-en-Provence.

62. Rapport du maire d’Aix-en-Provence sur l’organisation de l’École de dessin, Aix-en-Provence, 11 février 1859 ; Archives municipales, R 3. 9, Aix-en-Provence.

70. Procès-verbal de réunion de la Commission de surveillance de l’École de dessin et du musée d’Aix, p. 325, manuscrit ; Archives du musée Granet, Aix.

71. École française xvie siècle (?), « Pêches sur un plat », huile sur bois, h : 0,376, l : 0,450, legs du docteur Arnaud, 1846, Aix-en-Provence, musée Granet. Localisation, datation et attribution difficiles, en l’état du panneau. Un nettoyage permettrait une meilleure lisibilité de l’œuvre et en favoriserait l’étude. »

Gibert Honoré (directeur de l’École spéciale de Dessin, conservateur du musée), Musée d’Aix (Bouches-du-Rhône), « Première partie comprenant les monuments archéologiques, les sculptures et les objets de curiosité, Aix, Achille Makaire, imprimeur-éditeur, 1882, 623 pages.

Voir aussi : Ely Bruno, « Cezanne, l’École de dessin et le musée d’Aix », Cezanne au musée d’Aix, Aix-en-Provence, musée Granet, 1984, 254 pages, p. 142, 144, 149-151.

Une peinture à l’huile de Cezanne, Le Barrage romain, sur papier marouflé sur carton, 24 x 19 cm, collection particulière, Aix-en-Provence, non cataloguée, est signée et dédicacée au verso : « a mon ami Zola, 1857 Cezanne ».

Baille Franck, À Aix, autour de Cezanne. La Belle Époque 1870-1914, Marseille, édition Grammage, 1998, 137 pages, p. 39, reproduction en couleurs.