3.    La rencontre d’Hortense Fiquet et de Paul Cezanne (1869-1870)

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Quand et comment Hortense et Paul se rencontrent-ils ?

Une légende : Paul rencontre Hortense comme modèle

Selon John Rewald, « Cezanne était donc de nouveau à Paris au commencement de l’année 1869. C’est à peu près vers cette époque qu’il fit la connaissance d’un jeune modèle, Hortense Fiquet, qui avait alors dix-neuf ans »[1]John Rewald, Cezanne et Zola, 1936, Éditions Sedrowski, Paris, p. 61..

La suggestion de Rewald selon laquelle Paul rencontra Hortense en tant que modèle a été souvent reprise par de nombreux auteurs. Ainsi Henri Perruchot en tire une interprétation de la rencontre : « (Hortense) gagne sa subsistance comme ouvrière brocheuse, mais ajoute à ses ressources par quelques séances de pose chez les peintres. Modèle, elle possède une grande vertu, surtout pour Cezanne : la patience (…) elle se plie aux exigences de la pose avec docilité. Est-ce cette soumission qui lui a permis d’entrer dans l’intimité de Cezanne ? »[2]Henri Perruchot, La vie de Cezanne, Livre de Poche, 1956, p.195.

Rien ne permet pourtant d’étayer cette hypothèse ; Jean de Beucken n’en fait pas état, lui qui a tiré l’essentiel de ses informations de ses rencontres avec Paul Cezanne fils.

Comme le dit Gerstle Mack, « Ils s’étaient connus avant la guerre, mais on ne sait pratiquement rien des circonstances de leur première rencontre. (…) Les revenus de son père étaient très modestes et Hortense gagnait sa vie à coudre des livres faits à la main. D’après les uns, elle ajoutait à son salaire par des séances de pose ; mais on ne peut dire s’il s’agit là d’un fait ou d’une légende inventée pour expliquer sa rencontre avec Cezanne. »[3]Gerstle Mack, La vie de Paul Cezanne, NRF, 1938, p. 103. On a ainsi fait le rapprochement entre La Tireuse de cartes de Bazille, datée de 1868 (Hortense lui aurait donc servi de modèle avant sa rencontre avec Cezanne), et les portraits d’Hortense par Cezanne, arguant de la position adoptée par le modèle de Bazille, d’une éventuelle ressemblance avec Hortense et du fait que celle-ci aimait les jeux de cartes… mais la femme représentée par Bazille doit avoir environ 25 ans alors qu’en 1868 Hortense est une jeune fille de 18 ans, et la ressemblance est loin d’être établie si l’on compare ce tableau avec R230 ou R216. .

Il se peut aussi que cette supposition soit née d’une interprétation trop littérale du roman de Zola, L’Œuvre, dans lequel le peintre Claude Lantier, assimilé abusivement à Cezanne, prend pour modèle nu sa compagne Christine, confondue avec Hortense.

Mais poser nue était-il compatible avec le caractère d’Hortense ? Cela suppose, si l’on en croit les auteurs du XIXe siècle[4]On peut relire à ce propos ce qu’en dit Huysmans dans Les Sœurs Vatard., une liberté de mœurs dont elle n’aura donné aucun exemple dans sa vie. En outre, on sait à quel point Cezanne était embarrassé à l’idée d’utiliser des modèles féminins et combien il s’est plaint toute sa vie de ne pouvoir y recourir. Selon Vollard, « Son rêve eût été de faire poser ses modèles nus en plein air ; mais c’était irréalisable pour beaucoup de raisons, dont la plus importante était que la femme, même habillée, l’intimidait. »[5]Ambroise Vollard, Paul Cezanne, Ed. Georges Crès, Paris, 1919, p. 130.

Aussi, en supposant qu’Hortense ait été modèle, pourquoi Cezanne ne l’aurait-il pas utilisée en tant que modèle nu alors qu’il l’avait en quelque sorte « sous la main », au lieu de recourir à la copie de toiles ou de statues et aux études de jeunesse qu’il avait pu exécuter chez Suisse ?[6]Ambroise Vollard, Paul Cezanne, Ed. Georges Crès, Paris, 1919, p. 129 :« Le peintre se servait, pour ses compositions de nus, de dessins sur nature faits autrefois à l’atelier Suisse ; pour le reste, il faisait appel à ses souvenirs de musées. » Or nous ne possédons qu’une seule étude d’Hortense posant à demi-nue[7]Cf.  Fig. 23 (R230). Sans même, d’ailleurs qu’on voie distinctement sa poitrine, d’où selon certains l’impression qu’au lieu d’être nue, elle porte en réalité un chemisier blanc. L’autre « portrait » d’Hortense allaitant son fils  (Fig. 31, R216) relève d’une autre logique que celle de la pose d’un modèle nu : il s’agit bien plutôt de la première image de l’album de famille que Cezanne va développer au fil du temps avec les portraits d’Hortense, ceux du petit Paul et ses autoportraits.- et encore n’est-on pas absolument certain qu’il s’agisse d’elle, ni même qu’elle est nue -, vraisemblablement exécutée vers 1870. Si elle est nue, il est légitime de considérer qu’elle a accepté de poser ainsi à son corps défendant et peut-être dans la lumière enchantée et érotique des débuts de la rencontre amoureuse. En outre, si elle avait été modèle, il est hautement probable qu’elle aurait fréquemment posé nue pour satisfaire les besoins de son compagnon en la matière, connaissant sa disponibilité sans faille dont témoignent par la suite ses multiples portraits.

En outre, il faut attendre deux bonnes années après cette première étude pour qu’Hortense soit à nouveau représentée en mère allaitant sa fils, et encore près de deux ans supplémentaires pour qu’apparaisse son premier portrait habillée : pourquoi Cezanne ne l’aurait-il pas fait poser davantage si elle était modèle ? et pourquoi ne l’a-t-il pas représentée avant leur séjour à L’Estaque dans l’atelier où ils seraient censés s’être rencontrés ? Or nous ne possédons aucune représentation, ni dessinée, ni peinte, d’Hortense par Cezanne avant  R230 de 1870.

Quand Paul rencontre-t-il Hortense ?

Rewald s’avance beaucoup en supposant que la rencontre de Paul et d’Hortense se situe à peu près au début de 1869, car rien ne l’atteste. Qu’ils se soient rencontrés avant la guerre est en réalité la seule certitude que nous possédions : leur liaison est donc antérieure à juillet 1870 où, comme nous le verrons, Hortense rejoint Cezanne à L’Estaque.

Nous ne pouvons pas situer cette rencontre avec précision dans le temps. On remarque seulement que Cezanne est à Paris de mi-décembre 1868 à août 1869, et passe une partie de l’été avec Zola à Bennecourt et Gloton : rien n’indique la présence d’Hortense à ses côtés. S’il l’avait déjà connue alors, on comprend mal pourquoi il la quitte et revient en Provence fin août 1869 pour une absence qui durera 7 mois ; en effet, il ne reviendra à Paris qu’en mars 1870 pour présenter ses œuvres au Salon. En 1870 il est témoin au mariage de Zola le 31 mai  – lequel met fin à cinq ans de concubinage avec Eléonore Alexandrine Méley. Les témoins sont tous des amis aixois : Marius Roux, Paul Alexis, Philippe Solari, Paul Cezanne, « artiste peintre 53 rue N.D. des Champs »[8]Extrait d’acte de mariage 11° 409 du 31-5-1870 : « Emile Edouard Charles Antoine Zola épouse Eléonore Alexandrine Meley, à la mairie du 17earrondissement, en présence de Suzanne Mathias Marius Roux, homme de lettres, âgé de trente ans. demeurant avenue de Clichy, 80, de Paul Antoine Joseph Alexis, homme de lettres. âgé de vingt-trois ans, demeurant rue Linnée, 51, de Philippe Solari, sculpteur, âgé de trente ans, demeurant rue Perceval, 10, et de Paul Cézanne, artiste peintre, âgé de trente-et-un ans, demeurant rue Notre-Dame-des-Champs, 53, amis des époux. » (Archives de Paris).. Rien n’indique non plus qu’Hortense ait été présente à cette occasion. S’il habite depuis mars 1870 au 53, rue Notre-Dame des Champs[9]E. et J. de Goncourt, Manette Salomon : « … la rue Notre Dame des Champs, cette rue d’ateliers et de chapelles…» Au n° 53 habitent également Auvray, sculpteur, Moreau, peintre verrier, Rouboy, artiste peintre, Vinot, ébéniste (Bottin arch. Paris).. Cf.  lettre de Zola à Solari 13 février 1870, Bakker t II 1980 n° 84. p 212. Entre 1871 et 1873, Auguste Renoir aura un atelier au n° 34., y habitait-il dès 1869 lors de ses séjours parisiens ? C’est fort peu vraisemblable, compte tenu de ses moyens financiers : il n’aurait pas pu supporter la charge d’un loyer pendant 7 mois pour un appartement qu’il n’aurait pas occupé.

Fig. 25 La Villa Saint-Joseph, une pension de famille de la rue Notre-Dame des Champs, vers 1870.
Collection privée

Une rencontre sous le signe de l’amitié

Si la rencontre de Paul et d’Hortense s’est faite rue Notre-Dame des Champs, comme nous allons le voir,  alors elle est postérieure à mars 1870.

En effet, c’est en nous appuyant sur l’amitié des Fiquet et des Guillaume dont a témoigné Jean de Beucken[10]Jean de Beucken, Un portrait de Cezanne, NRF 1955, p. 61 : « les Guillaume étaient liés avec les Fiquet : Mme Guillaume avait travaillé avec Hortense au même atelier de reliure (…) »., qu’on peut retracer le fil de la rencontre de Paul et Hortense.

On se souvient que Thérèse Davin et Hortense Fiquet se sont liées d’amitié dans l’atelier de brochage où elles ont peiné toutes les deux. Thérèse est née en 1854 à Montmaur dans les Hautes Alpes, et elle est venue très jeune à Paris en 1867 ou 1868 avec un « pays », Jean Antoine Guillaume (né à Serres, commune voisine de Montmaur), cordonnier de son état, qu’elle épousera à 17 ans en juillet 1871.  En 1868, Thérèse a 14 ans et Hortense 18 : on peut imaginer que leur amitié est née du fait qu’Hortense a dû prendre la petite Thérèse sous sa protection dans l’univers impitoyable du travail d’atelier, vu leur différence d’âge.

En 1868, Thérèse et son futur époux Jean Antoine Guillaume habitent au 7, rue Notre-Dame des Champs, où Jean Antoine exerce son activité de cordonnier. Lorsqu’ils ont été expropriés, il est possible que les Fiquet soient venus s’installer auprès des Guillaume. En tout cas Thérèse et Hortense continuent à se voir régulièrement, travaillant dans le même atelier ou se rendant de fréquentes visites si après l’expropriation de l’atelier Bérard, elles n’ont pas retrouvé de travail ensemble au même endroit.

Fig. 26 Les boutiques en face de celle de Jean Antoine Guillaume, 8 et 10, rue Notre-Dame des Champs.
Musée départemental Albert Kahn

Or il se trouve que Jean Antoine Guillaume a pour ami proche un peintre nommé Jean-Baptiste Chaillan : celui-ci fera le voyage de Paris à Montmaur pour lui servir de témoin lors de son mariage le 5 juillet 1871 avec Thérèse Davin (mariage auquel assisteront peut-être Paul et Hortense enceinte de trois mois sur leur chemin de retour à Paris depuis la Provence), et il signera à Paris l’acte de naissance de leur fils Louis en juillet 1872.

Jean-Baptiste Chaillan, fils de paysans de Trets près d’Aix est un des membres de la communauté des artistes aixois venus tenter leur chance à Paris. De 1857 ou 1858 à 1861, il a fréquenté l’école spéciale et gratuite de dessin d’Aix où il a fait la connaissance de Paul Cezanne, qui apprécie en lui « une certaine verve poétique ». A Paris, il fréquente avec Paul l’atelier Suisse et rencontre également Zola, dont il fait le portrait – et qui prendra plaisir à moquer son peu de talent (il en fera la caricature à travers le personnage de Chaîne dans L’Œuvre). Il fait partie de la petite troupe de Bennecourt en 1866 avec Cezanne et Zola.

Si l’on se rappelle que Cezanne habite, comme les Guillaume, rue Notre-Dame des Champs au moins depuis son retour à Paris de mars 1870 (au N° 53), il est plus que vraisemblable que Jean Antoine Guillaume et Paul Cezanne aient fait connaissance par l’intermédiaire de leur ami commun Jean-Baptiste Chaillan au cours d’une de ses visites à l’un ou à l’autre dans cette rue.  C’est donc après son retour à Paris en mars 1870 et chez Jean Antoine que Paul a pu rencontrer Hortense, venue rendre visite à son amie Thérèse Davin, compagne et future épouse du cordonnier.

De cette rencontre naîtra une familiarité et une amitié exceptionnelle entre ces deux couples, amitié qui se poursuivra encore après leur mort dans leurs enfants Paul junior et Louis Guillaume. Ainsi Paul junior sera le témoin de mariage en 1900 de Louis avec Valentine Roussel.

Nul besoin donc de supposer paresseusement après Rewald que Paul a rencontré Hortense en tant que modèle (nu sous-entendu), ce qui, on l’a dit, ne s’accorde ni à son caractère ni surtout au fait qu’elle ne commencera réellement à poser pour son mari que 4 ou 5 ans après leur rencontre.

Comment les deux couples se situent-ils l’un par rapport à l’autre ?

On peut constater la même différence d’âge entre les futurs époux Guillaume qu’entre Paul et Hortense : Antoine Jean Guillaume est né le 18 mars 1844 à Serres[11]orthographié « Serra » sur les listes électorales de 1874 aux archives de la ville de Paris : effet de l’accent provençal…(Hautes-Alpes) : il a donc 10 ans de plus que Thérèse, alors que Paul a 11 ans de plus qu’Hortense. Dans les deux cas, deux jeunes filles se mettent sous la protection d’un homme beaucoup plus mûr : lorsqu’ils forment couple, Thérèse a 15 ans quand Antoine en a 25, Hortense a 19 ou 20 ans quand Paul en a 30 ou 31.

Le même rapport de supériorité tacite et bienveillante né de la différence d’âge que celui ayant présidé à l’instauration de la relation entre Hortense et Thérèse a pu s’installer entre Paul et Antoine : en 1870, ils ont respectivement 31 ans et 26 ans. L’un est en outre un fils de bourgeois, l’autre un artisan modeste.

En revanche, les deux couples mettront au monde leur enfant la même année : Paul Cezanne fils naîtra le 4 janvier 1872, Louis Guillaume le 2 juillet. A la différence des Cezanne cependant, les parents de ce dernier se sont mariés entretemps et ils habitent toujours au 7, rue Notre-Dame des Champs[12]Cf. acte de naissance de Louis Guillaume, Archives de Paris..

Cette amitié entre les deux familles persistera toute leur vie. Ainsi, lorsqu’en 1873 la famille Cezanne reviendra de son séjour à Auvers et que les deux couples se retrouveront rue de Vaugirard[13]Selon les listes électorales de 1874, Antoine Guillaume, cordonnier, habite au 41, rue de Vaugirard, alors que Cezanne s’est installé au n° 120 de la même rue., Jean de Beucken témoigne qu’« Hortense a retrouvé ses modestes amis les Guillaume et Paul s’amuse avec le fils du cordonnier » et plus tard : « le petit Paul et le petit Louis Guillaume polissonnaient ensemble dans la rue ».  Vers 1879-1880, Cezanne fera le portrait de Louis, et celui des deux enfants déguisés en Arlequins en 1888. Lors du mariage de Louis en 1900 (ses parents ont déménagé au 131, rue de Vaugirard), c’est Paul Cezanne fils qui lui servira de témoin. Enfin, dans une lettre à son fils du 15 octobre 1906, peu avant sa mort, Cezanne écrira : « … N’oublie pas non plus Louis et sa famille, et mon père Guillaume… », formule qui dénote une familiarité amicale qui a perduré jusqu’à la fin. Joachim Gasquet en a aussi témoigné, écrivant : « …il [Cezanne] avait à Paris, rue Ballu [donc entre mai 1898 et juin 1899], un vieux camarade, un cordonnier chez qui il allait passer de longues heures silencieuses, qu’il aida, paraît-il, dans des circonstances graves, mais sur lequel jamais il ne soufflait mot. On le surprit parfois, assis dans la boutique poisseuse, affectueux, reposé, son sourire penché sur le pauvre travail de son ami, comme en contemplation devant les vieilles tiges et les bottines rapiécées ; mais il faisait grand mystère et se cachait pour le venir voir. »[14]Gasquet Joachim, Cezanne, Paris, Les éditions Bernheim-Jeune, 1926 (1re édition 1921), 213 pages de texte, 200 planches, p. 78. De même, au témoignage de Philippe Cezanne, Paul junior continuera à aider Louis sa vie durant, lui confiant à l’occasion la surveillance d’un immeuble qu’il possédait dans Paris et lui offrant en permanence le gîte et le couvert.

C’est donc sous le signe de l’amitié entre les Fiquet et les Guillaume qu’a selon toute vraisemblance débuté l’aventure amoureuse de Paul et d’Hortense, grâce à l’entremise de Jean-Baptiste Chaillan et à l’heureuse coïncidence de l’unité de lieu offerte par la rue Notre-Dame des Champs où ils ont pu se rencontrer à partir de mars 1870.

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Références   [ + ]

1.John Rewald, Cezanne et Zola, 1936, Éditions Sedrowski, Paris, p. 61.
2.Henri Perruchot, La vie de Cezanne, Livre de Poche, 1956, p.195.
3.Gerstle Mack, La vie de Paul Cezanne, NRF, 1938, p. 103. On a ainsi fait le rapprochement entre La Tireuse de cartes de Bazille, datée de 1868 (Hortense lui aurait donc servi de modèle avant sa rencontre avec Cezanne), et les portraits d’Hortense par Cezanne, arguant de la position adoptée par le modèle de Bazille, d’une éventuelle ressemblance avec Hortense et du fait que celle-ci aimait les jeux de cartes… mais la femme représentée par Bazille doit avoir environ 25 ans alors qu’en 1868 Hortense est une jeune fille de 18 ans, et la ressemblance est loin d’être établie si l’on compare ce tableau avec R230 ou R216.
4.On peut relire à ce propos ce qu’en dit Huysmans dans Les Sœurs Vatard.
5.Ambroise Vollard, Paul Cezanne, Ed. Georges Crès, Paris, 1919, p. 130.
6.Ambroise Vollard, Paul Cezanne, Ed. Georges Crès, Paris, 1919, p. 129 :« Le peintre se servait, pour ses compositions de nus, de dessins sur nature faits autrefois à l’atelier Suisse ; pour le reste, il faisait appel à ses souvenirs de musées. »
7.Cf.  Fig. 23 (R230). Sans même, d’ailleurs qu’on voie distinctement sa poitrine, d’où selon certains l’impression qu’au lieu d’être nue, elle porte en réalité un chemisier blanc. L’autre « portrait » d’Hortense allaitant son fils  (Fig. 31, R216) relève d’une autre logique que celle de la pose d’un modèle nu : il s’agit bien plutôt de la première image de l’album de famille que Cezanne va développer au fil du temps avec les portraits d’Hortense, ceux du petit Paul et ses autoportraits.
8.Extrait d’acte de mariage 11° 409 du 31-5-1870 : « Emile Edouard Charles Antoine Zola épouse Eléonore Alexandrine Meley, à la mairie du 17earrondissement, en présence de Suzanne Mathias Marius Roux, homme de lettres, âgé de trente ans. demeurant avenue de Clichy, 80, de Paul Antoine Joseph Alexis, homme de lettres. âgé de vingt-trois ans, demeurant rue Linnée, 51, de Philippe Solari, sculpteur, âgé de trente ans, demeurant rue Perceval, 10, et de Paul Cézanne, artiste peintre, âgé de trente-et-un ans, demeurant rue Notre-Dame-des-Champs, 53, amis des époux. » (Archives de Paris).
9.E. et J. de Goncourt, Manette Salomon : « … la rue Notre Dame des Champs, cette rue d’ateliers et de chapelles…» Au n° 53 habitent également Auvray, sculpteur, Moreau, peintre verrier, Rouboy, artiste peintre, Vinot, ébéniste (Bottin arch. Paris).. Cf.  lettre de Zola à Solari 13 février 1870, Bakker t II 1980 n° 84. p 212. Entre 1871 et 1873, Auguste Renoir aura un atelier au n° 34.
10.Jean de Beucken, Un portrait de Cezanne, NRF 1955, p. 61 : « les Guillaume étaient liés avec les Fiquet : Mme Guillaume avait travaillé avec Hortense au même atelier de reliure (…) ».
11.orthographié « Serra » sur les listes électorales de 1874 aux archives de la ville de Paris : effet de l’accent provençal…
12.Cf. acte de naissance de Louis Guillaume, Archives de Paris.
13.Selon les listes électorales de 1874, Antoine Guillaume, cordonnier, habite au 41, rue de Vaugirard, alors que Cezanne s’est installé au n° 120 de la même rue.
14.Gasquet Joachim, Cezanne, Paris, Les éditions Bernheim-Jeune, 1926 (1re édition 1921), 213 pages de texte, 200 planches, p. 78.